IN MEMORIAM – Le début ! – Mardi 16 septembre. Le cadeau

Ecrire, c’est se mettre à nu (un peu). Se mettre à mort (ah ?). Se mettre à vivre (peut-être).

C’est aussi se mettre à échanger. Donner des mots. En recevoir. Et quoi de mieux qu’un blog pour cela ? Certes, il existe d’autres modalités. Beaucoup ont précédé le blog. Beaucoup lui survivront. Certaines mourront avec lui. Le courrier, le mail, le téléphone, le site web, la radio, le journal, le fanzine… Mais, bon, un blog, ce n’est pas si mal pour un auteur de premier livre.

Alors, en route !

Pour commencer, en attendant la relecture complète d’In Memoriam, premier roman enfin achevé, je vous propose d’en lire les premières pages. C’est un thriller. Comment disait-on autrefois ? Un polar ? Un livre à suspense ? Oui… Et bien, bien avant, un poème épique. Car en y réfléchissant bien, l’Odyssée est l’ancêtre (en Occident du moins) du thriller. Attention, nulle tentation chez moi de comparer ma prose à celle d’Homère. Mais un lointain cousinage, je veux bien ! Auquel j’aurais plaisir à faire se rejoinfre Edgar Allan Poe (inventeur sans contexte du genre policier), James Hadley Chase, Boileau-Narcejac, James Ellroy…

Je vous invite donc à suivre les pas d’Alice Prescott, mère de famille comblée et femme au foyer aisée. Parisienne, non mieux ! Versaillaise, issue d’une vraie famille catholique, de souche, armée d’une bonne éducation et d’une assise financière confortable. En bref, une bonne bourgeoise. Une vie solide. Rien ne peut lui arriver. Ou presque. Un père parti trop tôt, un mari très (trop ?) actif, et un cadeau d’anniversaire pour le moins étrange. Il n’en faut pas plus pour que tout se fissure…

Mais laissons-la nous narrer ses malheurs.

Bonne lecture,

Pierre F.

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IN MEMORIAM

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Mardi 16 septembre.                Le cadeau

Mes mains sont fébriles. Mes doigts nerveux. Ils viennent de quitter la fourrure soyeuse de Printemps pour se saisir de l’enveloppe mystère. Je la tourne et la retourne. Je sais que Léonard a le chic pour les cadeaux chocs. L’enveloppe est épaisse, couleur crème. Un dernier regard vers mon Léo qui me regarde en coin, l’œil gourmand. Il attend le prix de sa surprise. Printemps saute avec souplesse de mes genoux en bon félin, vexé d’être délaissé pour un peu de papier. J’ouvre enfin l’enveloppe et extirpe un carton épais, gaufré, élégant. Je lis. Et relis. Tout en bas « De la part de … » et à côté, d’une belle écriture manuscrite, appliquée, « Léonard Prescott pour sa femme chérie, sa petite étoile, Alice ». Ça, je le comprends. La petite étoile, c’est moi. Mais je ne suis pas sûre de bien saisir le reste. Regard vers mon homme. Une troisième lecture. Mais de quoi ça parle ? « …invite à un voyage secret, intime, au cœur des souvenirs et du vécu de l’être aimé. Vous vivrez une véritable plongée dans sa mémoire, vous verrez et entendrez tout, vous ressentirez de façon absolue ce qu’il a vécu. Tout est restitué, les lieux, les personnes, les paroles échangées, les sensations… » Mais encore ? « …opéré une sélection des souvenirs et des événements les plus importants, les plus forts. Ces moments, il vous offre de les vivre à votre tour ! » Un logo : In Memoriam. Une adresse et des précisions : « …la carte-cadeau à l’accueil après avoir pris rendez-vous. Une seule séance de deux heures est nécessaire. » ; « …pas d’anesthésie, pas d’ingestion d’un quelconque produit. Une simple électrode basée sur la techno Nanosmart© délicatement introduite au cœur de votre hippocampe, sans aucun danger. »

 « Je suis désolée chéri, je ne suis pas sûre de bien comprendre. » Il a retrouvé son sourire et son œil coquin. Il m’explique qu’il m’offre la possibilité de vivre, vraiment vivre, certains de ses souvenirs. Il s’emballe. Ses meilleurs souvenirs. Par exemple : ses copains d’école, sa première régate, son premier diplôme d’Archi, son premier flirt (aïe ! là je ne suis pas sûre !), notre rencontre (merci ! Je m’en souviens très bien toute seule). D’accord, mais ça veut dire quoi, « vraiment vivre ? » « Eh bien, comme si tu y étais. » Il se lance alors dans une longue explication truffée de jargon nanotech et de termes de physio-anat. « C’est extraordinaire, Ils sont capables de capter et d’enregistrer des souvenirs précis et complets. De les designer, de les mettre en forme et de te les restituer. Bon, ça coûte une blinde, mais c’est normal, c’est tout nouveau. C’est le top ! » Mon amour, mon tendre. Il veut me mettre dans sa tête. Je l’embrasse à pleine bouche. Hou là ! Il m’enlève dans ses bras et m’emporte vers la chambre en riant…

Debout au milieu de la cabine aux vitres fumées, je suis perplexe devant le panneau de contrôle de notre nouveau Spa. Je regrette l’ancien avec ses menus basiques. Celui-ci se veut « intuitif et prospectif » m’a dit Léo. « Prospectif ! Sans blague ? » lui ai-je répondu, « Comment un Spa peut-il être prospectif ? » Il a rigolé, m’a embrassée et chuchoté dans l’oreille « Ma petite dinde chérie ! ». Ça, c’est quand il veut me montrer sa supériorité intellectuelle (onze années d’études, cinq diplômes…) À croire qu’il fait un petit complexe d’infériorité, mon canard ! Bon revenons à notre douche ! Power, ok. Presets, ok. « Your mood ? » My mood ? Fatiguée, mais heureuse… Y’a pas ! « Sleepy », oui, ça, c’est bien. Va pour « Sleepy » ! Je valide. Durée : huit minutes !

Sous les jets presque brûlants, je repense à son étrange cadeau. Je ne sais pas si je vais accepter. En même temps, je suis sûre de le vexer si je refuse. Waw ! C’est dingue ces jets qui remontent des pieds aux épaules ! C’est sûr que ça réveille… Il le prendrait mal, c’est certain. Mais il peut aussi comprendre que ça me fasse peur. Hé ! Ça chatouille ! Je ne vais pas tenir ! Ouf, ça s’arrête. Hum ! Oui, ça, c’est bon… Oui, le dos, les épaules… Vive le prospectif l Et à quel moment je me savonne ? Bon, il faut qu’on en reparle tous les deux, mon Prince et moi.  S’il m’aime, il peut comprendre que je n’ai pas envie de rentrer dans sa tête !

Mardi 30 septembre.                Souvenirs, souvenirs

Il aura fallu d’âpres discussions et beaucoup de câlins avant de me laisser convaincre. Au bout du compte, j’ai cédé, même si je trouve toujours l’idée saugrenue. Je le connais bien mon Léo. Qu’ai-je besoin de revivre ses souvenirs ? Mais un refus l’aurait vexé profondément. Je me retrouve donc dans cette boutique très chic, épurée et glacée. Tout est luminescent. Aucun angle droit mais des lignes de fuite. Une lumière froide inonde le tout, venant de nulle part. Je m’imagine au cœur d’un iceberg. Derrière le deck perdu au milieu du hall grand comme un aéroport, un hôte et une hôtesse impeccables. Costumes de magazine et sourires glacés ! Le garçon prend le carton que je lui tends, et sans se départir de son sourire parfait :

– Soyez la bienvenue chez In Memoriam, Mme Prescott. Nous sommes ravis de vous accueillir. Tout est prêt pour vous faire vivre un moment extraordinaire. Annabelle va vous servir de guide.

Sa phrase à peine terminée, une jeune amazone en jupette blanche, caracolant dans des petits bottillons, surgit comme par magie. Pas moins souriante ni moins bien coiffée, elle me tend une main fraîche. Tout ici transpire la perfection. À tel point que je me sens pataude malgré mon tailleur de marque et mon maquillage soigné. Je lui emboîte le pas qu’elle a du hériter d’une petit rat d’opéra. Nous nous engageons dans un couloir de pure clarté. « Une idéalisation systématique, surestimation de l’existant, bombardement spéculatif qui, avec les charges conceptuelles rétroactives, investit même ce qu’il y a de plus anodin » a sans doute dû argumenter son concepteur et architecte. Un autre Léo, beau parleur et jargonneux. Je perds pied avec la réalité, aspirée par le courant d’air créé par ma tourbillonnante hôtesse. Tout est vibrant de lumière, les ouvertures se devinent à peine ; j’ai des visions fugitives de corridors, de recoins, aussitôt aperçus, aussitôt disparus. Personne pour troubler notre fulgurante avancée. Celle-ci s’achève dans une petite pièce à l’atmosphère ouatée qui tranche avec la clarté vive des espaces précédents. Au milieu trône un objet surprenant, croisement improbable d’un canapé baroque et d’un fauteuil dentaire. Arty et hype. À quelques mètres, une console énigmatique. J’aperçois des écrans et plusieurs holosphères. La jeune femme me prend délicatement des mains mon sac et ma veste. Tout en les faisant disparaître (une magicienne !), elle me donne quelques explications :

– Vous n’avez rien à faire à part vous détendre. La sonde est si minuscule que vous ne sentirez rien. Votre médecin que nous avons contacté avec votre accord, nous a transmis les informations médicales dont nous avions besoin. Vous allez ressentir une douce somnolence et un léger sentiment de dédoublement. Ne tentez pas de lutter. Je contrôlerai en permanence vos paramètres pour m’assurer que vous vivez bien l’expérience. Les séquences que notre ingénieur en épistéménognôse (épisté quoi ?) a recréées à partir des souvenirs de votre mari sont fidèles aux mnémés originaux. Tous vos sens pourront être sollicités : la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et, quand cela est nécessaire, le goût. Tous ces épisodes ont été minutieusement sélectionnés d’après ses indications. Notre mem-designer s’est contenté de les rendre appréhendables pour un tiers. Et ce tiers, c’est vous. Vous allez revivre seize de ces séquences. Chacune dure entre vingt secondes et une minute. Elles sont séparées par des pauses d’une vingtaine de secondes. Cela vous laisse le temps de les engranger dans votre mémoire. Contentez-vous de les accepter, de les intégrer. Ce sont des souvenirs particulièrement stables et détaillés. Vous pourrez les revivre en compagnie de votre époux et l’interroger à l’envi…

Cela est donc bien réel. Je vais vraiment revivre des souvenirs de mon Léo… Tout en me parlant, elle me tend un verre empli d’un liquide aux reflets émeraude. Une potion magique ! Un goût mentholé envahit ma bouche et mes narines mais se dissipe rapidement. Elle m’installe dans l’étrange fauteuil. Pas de sangles. Tant mieux. Juste un repose-tête tarabiscoté. Sur ses directives, j’inspire à fond, expire, adopte une respiration proche de celle du bébé qui s’endort. Sa voix douce m’enveloppe. Je me sens bien. Mon pouls s’est calmé.

– Très bien ! Vous n’avez pas de questions ?…

Elle laisse passer quelques secondes puis :

– Bien, je vais introduire la sonde. Je vous l’ai dit, elle est extrêmement fine (quelques nano de diamètre). C’est indolore et à peine perceptible.

Un temps et en effet, un léger picotement à la base de la nuque m’apprend qu’elle vient de me « connecter ».

– Ne bougez plus, ou alors tout doucement. Si vous ressentez la moindre gêne, la moindre inquiétude, pressez cette poire.

L’objet est léger et doux. Je pense à Léo. Mon tendre époux. « J’arrive, j’entre dans ta tête mon amour ! » Une légère appréhension m’envahit. J’ai oublié de lui demander comment je saurai quand la séance est terminée. J’ébauche la question mais un voile épais s’abat sur moi. Je sombre dans le néant.

NOIR.

Mon cœur rythme ce monde étrange fait de silence et d’obscurité palpable. Je tombe ou plutôt je plane dans le vide. C’est enivrant. Le temps se distord. À peine émergent-elles que mes pensées s’évaporent. Je flotte de longues secondes, suspendue dans ce non-espace. Puis, très loin de moi, une lueur falote scintille faiblement.

LUMIERE.

Elle se rapproche rapidement accompagnée de petits bruits. En fait de petits bruits, ce sont des cris d’enfants qui recouvrent d’autres voix, des voix de grandes personnes. L’image se forme, dans toutes les dimensions, très proche de la vision naturelle. Familière mais pourtant étrange, comme décalée. Autour de moi, des enfants qui s’agitent et courent. Des garçons, des filles. Ils ont ma taille. Non, c’est moi qui ai une taille d’enfant ! Les grands sont autour de nous ; leur calme contraste terriblement avec l’agitation qui nous habite, nous les petits. Je sens sur ma joue la chaleur d’un feu de cheminée magnifique. Une odeur végétale, de pinède. Des lumières clignotantes. Le sapin ne doit pas être loin. Oui, il est là. Je viens de tourner la tête et il est juste là. Un immense sapin qui brille de mille feux, chargés de lourdes guirlandes. À ses piedsdes dizaines de cadeaux ! Et, écrasant tous les autres par sa taille, un énorme paquet rouge aux rubans noirs. La distribution commence. Une main se glisse dans la mienne et me guide.

– Viens mon Léonard ! Tiens, c’est pour toi ! me glisse la voix de femme, douce et chaude.

Et je suis accompagnée vers LE cadeau, le rouge, le gros ! La femme (je reconnais le visage de la mère de Léo et à ses côtés celui de son père) m’aide à sortir le paquet de la mer de boîtes brillantes. Je pousse des petits cris. Mes mains tentent de déchirer le papier rouge. Celles de mes parents se joignent aux miennes. Et « Oh ! Oui ! Oui ! Oh oui ! », c’est un vélo qui apparaît. Il est immense, bleu électrique. Tout brille. Les chromes, la sonnette, les leviers de vitesse, le compteur ! Je saute sur place, je bats des mains. Tout tourne devant mes yeux. Dans ce tourbillon, des images par éclipses : le vélo, « ma » mère, « mon » père, le sapin… D’autres se mêlent, m’éclaboussent : les lumières, les enfants qui déchirent les papiers, jouent et crient, les grands… Mes parents me prennent dans leurs bras. Un premier baiser, puis un autre.

– Pour toi mon chéri !

– Joyeux Noël, Léo !

NOIR.

SILENCE.

Je suis soufflée. Je sentais tout, l’air, la chaleur du feu, les odeurs. C’était tellement immersif qu’il me faut plusieurs secondes pour réaliser que ce n’était pas moi. Que je viens de vivre, totalement, un souvenir de Léo. Tout y était. J’ai même ressenti de l’excitation. J’étais un enfant le soir de Noël. Non, j’étais Léo lors de son plus beau Noël ! Mon amour, c’est incroyable ! Je suis…

LUMIERE.

Une lumière si brutale ! L’odeur du chaud. Des cris et des bruits ouatés. Il fait sec et brûlant. Je suis sur une plage en plein soleil. Une plage immense. La mer roule de longues vagues au loin. Dans l’air se mêlent l’odeur cuivrée du sable chaud et le sel des embruns. Quelques mouettes. J’ai les yeux posés sur un grand circuit creusé dans le sable. Ma main dirige un petit cycliste au maillot rouge, jusqu’à une bille de verre, une « agate » jaune. Une fois que mon bonhomme à vélo l’a rejointe, je la récupère et la garde serrée dans mon poing d’enfant.

– À moi ! C’est à moi ! s’exclame une voix de fille à ma gauche.

– Non ! C’est mon tour ! lui répond une voix de garçon à ma droite d’une voix presque grondante.

Il doit avoir raison, elle ne répond rien. Le garçon dépose une bille verte et d’une forte pichenette l’expédie le long du circuit. Le coup est trop fort, la petite sphère sort de la route et finit sa course contre un bout de varech séché.

– Sortie ! Sortie ! nous exclamons-nous en cœur, la petite fille et moi (ma voix est à peine plus grave que la sienne).

– Merde, ça fout les gnokes ! dit le garçon.

– T’as pas le droit de dire des vilains mots ! Je vais le dire à ton papa ! le reprend-elle.

Elle a des grands yeux verts, un petit nez en trompette. Il est plus grand qu’elle. Des cheveux roux en broussaille. Matois et renfrogné.

– Jenny a raison ! On va le dire que tu dis des gros mots. Et puis que tu triches ! En plus, je vais le dire à ta mère que la dernière…

Je ressens l’explosion sur ma joue avant même de réaliser que le bolide qui vient de me foncer dessus est le poing du garçon. Sous le choc, ma tête part en arrière et je m’écroule sur le sable. Le ciel et quelques nuages au-dessus de moi. Je suis sonnée. J’entends mon agresseur s’éloigner en grommelant. Je reste ainsi, les yeux dans le bleu. Des larmes ne tardent pas à brouiller ma vision et glisser le long de mes joues.

– Léo, ça va ?

Le visage de la fille masque le ciel. Il m’apparaît tout sombre. Ses yeux sont si près. Son souffle caresse ma joue meurtrie, puis ses lèvres sur les miennes, timides. Elle a fermé les yeux. Ma main glisse sur le sable chaud et rencontre son poignet que le saisis doucement. Je vois des paillettes dorées au fond des iris verts d’eau. Puis, elle penche à nouveau sa tête vers moi qui n’ai pas bougé…

– Les enfants, le goûter !

Une voix de maman bientôt rejointe par une autre. Le visage de Jenny a disparu. Je reste étendue sous le ciel parfait. Une mouette le traverse en criant. À moins que ce ne soit un goéland.

Le ciel s’obscurcit. Se brouille. Se dilue.

NOIR.

Plusieurs secondes avant que je reprenne mes esprits. C’est fou ! Je viens de vivre son premier baiser. C’est comment dire… troublant et excitant à la fois. Très émouvant. Mon Léo à moi. Mon homme, mon bel architecte, mon « businessman » comme je l’appelle pour l’agacer. Je prends cela pour une preuve d’amour. Mais ce trouble demeure. Est-ce vraiment très…

LUMIERE.

Un fort bruit d’eau. Une chute d’eau ? Peu à peu les contours se précisent. Avec eux une forte odeur de… merde ! D’égouts ! Oui ce sont des égouts ! Beurk ! L’odeur est pénible. Moi qui ai le nez si sensible. Quel bruit ! J’entends à peine mes pas et ceux, pourtant plus lourds, d’un compagnon derrière moi. Le vacarme de l’eau qui s’engouffre à une trentaine de mètres devant moi est impressionnant. Nous marchons, mon mystérieux suiveur et moi sur un trottoir bordé par un mur beigeâtre côté droit et par de l’eau limoneuse à gauche. Un mur sans trottoir fait le pendant de l’autre côté de la rivière souterraine. Des ampoules à filament, faiblardes, chichement réparties le long du mur. Partout, des tuyaux, des câbles, sur les murs comme au plafond. L’odeur, la lumière glauque, le bruit d’eau… tout m’oppresse. Pourtant, c’est d’un pas assuré que je m’avance vers ce que j’imagine être un puits. Le couloir débouche sur une petite salle ronde. Un cul de sac.


La suite ——-> Pour connaître la suite, contactez-moi en indiquant dans votre message « In Memoriam, la suite ! ». Je me ferai un plaisir de vous adresser un pdf avec le texte en l’état d’avancement d’écriture…


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